Grosse panique sur la côte bleue. Une tempête sur les réseaux sociaux a éclaté suite à la dépression sévère de certains locaux. C’est la guerre du surf!

Nous avons compté jusqu’à 47 surfeurs sur un de nos plus beau spot. Surfer devient de plus en plus dangereux au vu de la foule et des attitudes de surfeurs non expérimentés ou irrespectueux des règles de base. Comment peut-on appeler ça encore du surf? Comment peut-on encore prendre du plaisir à notre passion? Faut-il accepter ou renoncer comme certains? Faut-il réfléchir aux causes et instaurer des règles pour d’autres? Et comment les faire respecter? Une guerre du surf est-elle en train de se déclencher?

Nous n’avons pas assez de vagues chez nous! Le rapport fréquence de sessions/surfeurs est dépassé! Que faire?

Voici les revendications de ces locaux en colère


Ne pas afficher en direct sur les réseaux sociaux le spot qui marche. Personne n’est gagnant!


Le surf est une activité sportive à part: une bonne session se mérite! Il ne faut pas trop démocratiser sa pratique. C’est ancré dans la philosophie du surf.  La beauté de ce sport vient justement que pour prendre son plaisir, pour s’améliorer, il faut une réelle implication. Connaître la météo, tester et checker soi-même les spots, pratiquer des années avant de pouvoir se frotter au vrai pic, affronter les éléments difficiles, s’accrocher…

Dans un monde où tout est offert en quelques clics, le surf se transforme et se perd. Certains Blogger ou autres accros aux réseaux sociaux affichent en direct les conditions et rameutent la foule. On peut comprendre que les locaux soient un peu agacés.


Respecter les règles du surf.


Réussir à prendre une belle vague devient quasi mission impossible. Le pic est devenu une guerre où se jouent tactiques et sournoiseries! Et les surfeurs les plus égoïstes sont souvent bien récompensés. Alors, on se dit que pour prendre des vagues il faut soi même devenir égoïste. Il ne faut pas pas lâcher le pic quitte à ne pas respecter les règles de priorité ou à toujours se repositionner à l’intérieur pour être prioritaire. Cette course à l’inside fait que certaines vagues sont gâchées . Ce n’est pas forcement le plus à l’intérieur qui est le mieux placé.

Il faudrait attendre son tour. Les belles séries se partagent. Et celui qui a patienté devrait être prioritaire sur la série suivante. Mais cela c’est en théorie! Au milieu se jouent les égos de certains, le niveau insuffisant d’autres et les filous qui n’attendent jamais et qui veulent tout pour eux. Ils s’approprient le spot, on ne sait pour quelle raison. Et cela crée forcément des tensions. Ça me rappelle une BD que j’avais dessiné il y a quelques années.

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Chacun son niveau, chacun son spot


Avec la baisse des prix des planches de surf et l’augmentation des litrages des boards, certains débutants ou intermédiaires n’ont pas l’expérience des surfeurs experts. Nous faisons tous cette erreur. Imaginez un très bon surfeur de chez nous se confronter à teapoo aux cotés de surfeurs pro: c’est le même résultat: ils se mettent en danger et gênent les autres surfeurs qui sont aptes à s’attaquer à ces vagues. Au vu de l’augmentation exponentielle du nombre de surfeurs, des règles doivent forcément s’imposer si on ne veut pas envenimer cette guerre du surf.

Nos spots sont faciles d’accès et nous n’avons pas de barre à passer: il n’y a pas de sélection naturelle. Il faut avoir du recul sur sa pratique et accepter que la plupart des surfeurs qui prennent les meilleures vagues ont souvent plus de 15 ans de pratique intensive…et ont surfé sur les plus belles vagues du monde. Il faut être lucide et pas trop impatient.

J’ai attendu Huit ans de pratique avant d’aller oser surfer sur ce spot qui est plus exigent que les autres. Avant il faut faire ses marques en voyageant et en surfant les spots adaptés à son niveau. On ne se lance pas sur une piste noire du jour au lendemain.


Et ou est la place des filles au milieu  de toute cette testostérone?


Encore une fois, la femme doit redoubler d’efforts pour se faire accepter. Comme si le fait d’être du genre féminin nous empêchait de prendre de belles vagues. Comme si nous n’étions pas conçues pour surfer.

La plupart des filles restent en dehors de cette guerre du surf, et elles ont raison! Elles prennent parfois plus de vagues en restant un peu plus bas et en attendant les séries qui décalent. Elles ne ratent pas l’opportunité d’un take off quand le surfeur chute à l’inside.

Mais le problème, c’est que moi j’ai envie de prendre des vagues au pic! Ce sont les meilleures forcément! Et je sais que j’ai le niveau maintenant. Parfois j’ose et je regrette car j’ai attendu 1h sans avoir réussi à prendre de réelle vague. Parfois je suis récompensée. Parfois les gars sont plus détendus ( quand le nombre de surfeurs est assez limité bien-sur) et me promettent la prochaine série. Mais souvent je suis découragée…et exaspérée par toutes ces tensions.

 


Petite leçon de morale


Certains réclament le retour à un localisme un peu plus sévère pour préserver nos spots et notre pratique.. D’autres voient le localisme comme une manière de faire respecter les règles pour tous.  Comment lutter contre la mode du surf et l’augmentation de la démographie?

Cela prouve que plus il y a trop de monde dans un espace restreint, plus il y a de tensions et d’agressivité. Imaginez sur un terrain de foot, une trentaine de joueurs se bagarrer un seul ballon; c’est la baston assurée! Quand il y a trop de joueurs, la chance de toucher le ballon pour chacun se réduit et seuls les meilleurs joueurs dribbleront au milieu des débutants qui seront frustrés. Le surf est le seul sport où tous les niveaux se cotoîent ( sauf quand c’est trop gros et qu’il y a des grosses barres à passer: ce qui n’est pas souvent le cas sur la côte bleue). On peut surfer avec un pro à notre droite et un débutant à notre gauche! C’est pour ça que c’est pas évident pour tout le monde! Nous devons, tous niveau confondus, trouver un terrain d’entente! Bref respecter quelques règles.

Nous avons tous besoin de lois et de personnes qui s’assurent de leur bonne application pour continuer à s’amuser. Pour un sport qui au départ était pour les marginaux, les anti-conformistes et les anarchistes, par la force des choses, ceux ci réclament un retour à l’ordre.

A quand un flic qui sifflerait les priorités et verbaliserait les imprudents?

Quelle horreur quand on y pense!!! Est-ce la fin du surf en méditerranée ? A lire sur le blog l’ancien article que j’avais écrit ( cliquez sur le lien bleu): Surf is dead?

Cela me fait penser au discours que je tiens en début d’année à mes élèves de REP+ :

  • Peut-on jouer au football sans règles?
  • Est ce qu’on s’amuse quand il y en a un qui joue trop perso?
  • Quelles sont les règles à respecter si on veut réussir à jouer ensemble sans bagarre?
  • Quelles sont celles que l’on doit respecter pour éviter les blessures?

Ahah!!!Désolée pour la leçon de morale: c’est ma déformation professionnelle.

De gros bisous à tous et à toutes

Peace, love and respect.

Ma règle à moi: garder le sourire à l’eau!

12 Commentaires

  1. clairement la faute aux arabes et autre type d’immigré. la méditerranée c’est plus chez nous !

    vive le nationalisme et encore mieux le localisme !!!

  2. Il se produit ce qui existe depuis de nombreuses années en Califonie, Hawaï, Afrique du Sud, Australie, et même certains spots du pays Basque ou en Bretagne par exemple. C’était à prévoir, la culture surf locale s’inspire de « l’élite ». Il faut espérer que, comme pour le skate, l’effet de mode passe, l’autodiscipline est illusoire et le localisme ne fait que se developper.

  3. Quand je surfais dans le Var début 90′ y’avait personne sur le spot, maintenant c’est blindé à chaque fois. Dois-je revendiquer ma préséance sur le spot, et je me comporte comme les dos argentés chez les gorilles? Je ne crois pas non. La mer n’appartient à personne. Les poissons devraient même y avoir plus de droits que nous dans ce cas… Je graisse la patte des élus, je construis un resort luxueux et je privatise le spot comme ça se fait dans certains pays? Je fais payer l’accès aux vagues? Un forfait de deux heures? Je crève les pneus de tous les « extérieurs »? Je jette la pierre aux écoles de surf et à tous les surfeurs qui ont voulu en faire un métier et qui chaque année mettent toujours plus de monde à l’eau? J’accuse les médias d’utiliser le surf à outrance en publicité? Je fais pression sur les élus locaux pour classer sans suite des affaires de voie de faits et légitimer le localisme? Je fais des recherches généalogiques pour voir qui est réellement local? Celui qui habite là depuis l’an dernier? Celui dont la famille a construit les premières maisons du village? J’arrête le surf parce que je trouve que les autres polluent l’image que je m’en fait? Non… rien de tout ceci ne ressemble à une solution. Un peu de dignité, un peu d’humanité (la population mondiale s’accroit exponentiellement, et ça je n’y peux rien!), un peu de respect. Le surf ce n’est pas qu’un sport, c’est un état d’esprit.

  4. Une solution à tenter : subdiviser et délimiter des zones de surf comme des lignes de nage à la piscine. Par exemple, une première zone pour débutants et intermédiaires ; une seconde pour les confirmés à experts. Ça marcherait très bien quel que soit le spot si c’est géré par une personne légitime (mns sur la côte Basque, association de surf ailleurs…). En Bretagne, chaque plage est délimitée pour les différentes activités (surf, kite, accès voile…), ce serait simple de subdiviser les zones après le drapeau vert à pois.

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